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8 août 2015 6 08 /08 /août /2015 22:10

La boucle du Pontis est un entraînement ultime. Le départ peut se faire de Le Sauze du Lac sur la D954, il y a un parking pour garer nos voitures, pas certain pour un autocar, une fontaine avec de l"eau non contrôlé" en devanture et un restaurant en face, ils ont tout prévu pour notre confort dans la région.

La boucle fait 22 kilomètres, quand on tourne à gauche le départ se fait en descente, vers Barcelonnette, et l'on affronte le col du Pontis par son versant le plus rude, la vue vers le lac de Serre Ponçon est magnifique, la route spécifique vers le col et le village du Pontis sont bien indiquées sur les deux versants.

Entraînement "canicule" par excellence, début Août (mais bien avant le 15) 3 boucles ou 4 ou 5... il permet une acclimatation optimum avec la région, un gros soleil, des pourcentages pas possible... ultime je vous dis. Le versant le plus long du col du Pontis fait 5 kilomètres, le plus court, en tournant à droite vers Savines le lac, fait 4 kilomètres.

A deux pas d'Embrun, c'est un entraînement que j'ai fait à chaque fois que j'ai eu des vacances avant l'Embrunman et qui m'a toujours été salvateur.

Voici le tracée et un aperçu de la difficulté

https://www.openrunner.com/r/8361803

Boucle du Pontis
Boucle du Pontis
Boucle du Pontis
Boucle du Pontis
Boucle du Pontis

En 2002, j'avais fait le duathlon du Val d'Aran et l'organisateur était surpris qu'un "beauceron" doublé d'un "parisien" était inscrit sur son épreuve, cela nous avait bien faire rire. Dans le col de Menté j'en avais bavé et il fallait que je fasse de la montagne, des gros cols, long, de gros pourcentages, taper dans le dur, le Limousin c'est bien pour faire de la distance, c'est sans répit mais là, les Pyrénées et le duathlon du Val d'Aran c'était autre chose.

J'avais eu quelques jours de vacances en Août et j'étais parti à Embrun avec le vélo, les appareils photos et quelques pellicules. En arrivant à Embrun, j'avais rencontré quelques triathlètes, dont quelques "bons". L'un d'eux, plus vieux que moi en apparence, monopolisait la parole, quand j'ai pû en placer une je leur avait demandé quels cols étaient intéressant à faire, j'étais un peu neuf sur le sujet ; l'Izoard était évidemment en premier mais on m'avais parlé de Sainte Apolinaire et les 20%, Risoul, les Orres, l'un d'eux m'avais bien conseillé, celui qui parlait beaucoup m'avais fortement conseillé, insisté même, le col du Pontis.   :    "tu vas à Savines le Lac, tu tourne à gauche et encore à gauche et tu monte, tu verras c'est parfait pour un parisien", j'avais l'impression qu'il se moquait de moi. J'avais donc acheté une carte routière et parlé de cela à l'hôtel ou j'étais. Le lendemain, j'étais allé au col de l'Izoard et Risoul au retour mais avec un bon échauffement, pour un "parisien" il faut bien cela.

Après l'Izoard et Risoul, quelques jours plus tard, j'avais envie de faire ce col du Pontis et montrer ce qu'un "parisien" pouvait faire, donc encore gros échauffement et comme sur la carte c'était bien renseigné j'étais monté à Sainte Apollinaire puis descendu à Savines le Lac. La route entre Savine et celle du col du Pontis est quand même loin, j'étais tranquille il faisait un cagnard pas possible. Avec les renseignements que j'avais je suis parti doucement et pourtant cette 1ère ascension du col du Pontis était dure. J'ai encore mémoire que la descente était longue, 5 kilomètres horriblement long. En bas à droite, après la descente, de retour sur la départementale, je revenais sur mes pas mais, la montée avant Le Sauze du lac avait été terrible, aussi, toujours sous un sacré cagnard. En repassant devant la fameuse, j'avais hésité mais je suis remonté au col du Pontis et ce fut mieux. Ce jour là j'avais fait 2 tours en tournant à droite et 2 à gauche et "maîtrisé" les gros pourcentages, j'étais heureux.

De retour à Embrun j'ai revu le monsieur qui m'avais bien conseillé et on avait parlé longuement, c'était ma première discussion avec un international. Le bavard était là aussi et quand je lui ai dis ce que j'avais fait il avait pesté, beaucoup pesté mais était parti, encore un qui n'aime pas les habitants de l'Ile de France et qui avaient des idées préconçues, je pense qu'il voulait être considéré comme le plus fort, le plus fier...

Je suis revenu quelques fois au col du Pontis car même si le bavard avait fait cela pour se moquer de moi, l'intérêt est belle et bien la boucle dans un sens ou dans l'autre mais, dès le début, je m'étais méfier et je me méfie toujours de ce petit col gourmand en énergie et la récupération est longue on peut même parler de régénération et donc il faut s'en méfier car c'est vraiment la fin de la préparation ou se mélange l'acclimatation, l'idéal étant de le faire sous la même météo que le jour de l'Embrunman.

En 2015, il avait un sens et a pris plus l'orientation d'un défi, l'envie de me faire mal. J'avais des vacances adaptée pour l'Embrunman soit beaucoup de jours avant le 15 Août, plus de 2 semaines et un programme aussi bien physique que contemplatif, si les cols sont durs autant qu'ils soient beaux. Donc après 2002 il fallait que je fasse des cols et, 200 cols plus loin, j'étais bien armé pour mon 5e Embrunman (les 4 autres bien fini). L'embolie pulmonaire à Pâques m'a bien fait réfléchir mais comme je n'avais pas de contre-indication du cardiologue et de mon médecin j'avais repris l'entraînement le 08 mai, 160 km en vélo dans ma région, et 86 kilos soit 10 kilos de trop. Souvent, j'allais à la Croix Pater et même fini à la frontale quelques entraînements. Si je me sentais pas capable j'aurai appelé l'organisation et j'aurai déclaré forfait quelques jours auparavant, pas mon truc, mais surtout pas avant d'avoir escalader quelques cols.

J'ai commencé mes vacances à Barcelonnette et le premier col fut le magnifique col d'Allos, avec un bon échauffement évidemment. Le même jour, j'avais enchaîné Pra-Loup et Super Sauze. Parce que j'aime la montagne, j'avais emporté plusieurs argentiques et les avaient testées dans les alpages les jours où je ne faisais pas de sport, j'ai même photographié une marmotte. 3 jours après le col d'Allos, j'ai garé la voiture à Briançon et avec un long échauffement était parti faire col de l'Izoard par le versant de Guillestre/Brunissard. Mes forces m'avaient permis d'enchaîner 6 kilomètres dans le col du Granon histoire d'exploser les cuisses, je ne pouvais faire plus ce jour là.

Je récupérai bien et 3 jours plus tard je suis parti m'échauffer longuement pour faire "l'entraînement ultime", "la boucle du Pontis" et c'est pas rassuré que je suis monté par le versant le plus raide, je suis monté. Si j'avais senti que cela ne pouvait continuer j'aurai arrêté une fois le sommet atteint. J'ai fait 5 rotations dont 2 fois par le "petit" versant avec un souvenir vivace "une rotation de plus qu'en 2002" dans la tête. Avec les années, histoire de me rassurer aussi, j'avais appris à enchaîner les cols et c'est pour cela que j'ai déposé mes bagages, vélo et appareils photos (et Triathlonnature) pour en faire beaucoup et même si tout le monde n'est pas comme moi, bien choisir ses cols reste une abnégation simplement pour me prouver que c'est possible, le bavard et l'engueulade ensuite ont cette vertu, simplement souffrir pour bien me préparer, m'acclimater, enchaîner les cols en définitive comme conseil ultime et donc de bien choisir ses villes départs. 

En 2015, sur l'Embrunman j'ai joué avec les barrières horaires toute la journée, j'ai fini. Jamais mis hors course, jamais abandonné, toujours tout donné, encore aujourd'hui envie de me prouver qu'en s'arrachant on a les bénéfices de ses investissements, c'est pour cela que je continue mon blog et que j'ai mes curieux, je fais toujours au moins une vingtaine de cols par an. 

Des roues de 50mm c'est pas génial sur les 185 km du parcours vélo de l'Embrunman, c'est tape cul aussi, mais un pied totale dans les descentes, sur le plat et après Briançon, de plus, çà permet de ne pas réfléchir, il faut foncer, le revers c'est que dans les cols elles ne sont pas à leurs avantages et qu'en cas de défaillance j'aurai payé le prix mais en appliquant mais propres méthodes j'ai bravé la difficulté, je suis fou je sais car faire 3 mois de préparation en sur-poids et en repoussant la décision de participer ou de renoncer à l'Embrunman après chaque entraînement, La boucle du Pontis a entériner la décision, je savais que j'avais ce qu'il faut pour finir, j'ai beaucoup d'expérience depuis et sait, maintenant, que cet entraînement a été bienfaiteur, il ne permet que de se prouver et si après une rotation on sent que l'on peut continuer alors autant le faire, il faut simplement savoir s'arrêter, et puis 22 km c'est pas grand chose en fin de compte et la fontaine d"eau non contrôlé" permet de mettre la tête dedans, c'est certainement pour cela qu'ils l'ont mis là, ils ont tout prévu pour notre confort en fin de compte...

En 2002, le bavard n'a pas gagné certainement parce qu'il parlait trop, faut garder de l'air quand on fait un Embrunman, il paraît qu'il a arrêté le triathlon... Ne pas suivre ceux qui se moque de toi, c'est la vertu de ce récit.

L'International court toujours et c'est une sacrée leçon de vie de savoir qu'avec quelques conseils, qui me servent toujours, on peut atteindre des sommets. Je pense refaire la boucle du Pontis un jour, pour me faire mal et parce qu'elle est vraiment bien cette boucle

https://www.openrunner.com/r/9454773

éric